Un tryptique de format 240 cm x 80 cm, en trois parties donc, qui traduit mon impression de la banlieue parisienne. Ici, nous sommes dans la Plaine Saint-Denis (93), dans le quartier de la rue du Landy. La rue des Fillettes (quel nom pour un tel décor !), fréquentée par de nombreux noirs africains, et des maghrébins, ouvriers avec ou sans-papiers sans doute, est un paysage qui va disparaître, bientôt dévoré par les machines de Bouygues qui règne en maître sur le coin. Expulsions des pauvres qui occupaient encore récemment les lieux, dans des immeubles, des squats ou carrément des bidonvilles. J’y ai vu dans les zones en construction des cabanes en tôles et planches de bois habitées par des manouches, pour l’essentiel. On vole des caddies dans les supermarchés du coin pour transporter des matériaux de construction (enfin l’expression est prétentieuse : c’est juste des planches de bois) également volés sur les chantiers. Mais à présent, les immeubles flambant neufs habillent de blancs les sols récemment mis à jour par les bulldozers. Loyers flambants eux aussi. Où vont ceux qui étaient là avant ? Sous les ponts du canal Saint-Denis ? Plus loin encore ?
Ce tryptique fut réalisé pour accompagner des portraits de bluesmen américains. Un paysage apprécié par les visiteurs de l’exposition qui, pour les connaisseurs, lui trouvait une ressemblance certaine avec quelques décors urbains de Chicago…
Rue des Fillettes, acrylique sur 3 toiles de 80 x 80 cm



